"On vient, on
gagne et on s'en va". La devise des rugbymen du
Stade toulousain, sous son air hautain et cruellement
implacable pour l'adversaire, recèle cette
délicate arrogance des champions sûrs
de leur force. On débarque, on écrase
et on rejoint l'aéroport le cou garni d'or.
Depuis dimanche et la fin du Tournoi des Amériques,
la sélection
US semble avoir repris à son compte le credo
haut-garonnais. Au moins en partie.
Arrivés en
République
dominicaine avec une équipe sans vedettes
et comme unique objectif la qualification pour le
Mondial 2006, les Etats-Unis ont mis en application
deux des trois principes : venir et repartir. Sans
aucun joueur NBA*, ils ont bien décroché leur
place pour le prochain Championnat du monde au Japon.
Un accessit accordé aux
cinq premiers de l'épreuve, dans la mesure
où l'Argentine
avait déjà assuré la sienne
comme championne olympique en titre.
La mission US
en territoire dominicain ressemblait donc plus à deux
semaines ensoleillées aux frais de USA Basketball
qu'à une
véritable quête de l'impossible. Le
scénario, à peine
envisagé, d'une non-qualification avait même
sa bouée de secours avec les quatre invitations
dont dispose la FIBA. Au cas où.
Une option pas
réellement prise au sérieux et que
les Américains sont pourtant passés
près
de devoir emprunter. Battue deux fois sur quatre
lors du premier
tour, avec au passage le sévère
76-92 concédé face au voisin canadien,
la sélection US a réédité sa "performance" lors
du deuxième tour dans les mêmes proportions.
Deux
victoires pour deux nouveaux revers avec, au rayon
gifle, le -17 subi contre l'Argentine (67-84), elle-aussi
sans ses stars. Un bilan tout juste équilibré (4v-4d),
mais suffisant pour se dégager
une voie vers les demi-finales et
un billet pour les Mondiaux. Mission remplie, donc,
malgré un
effectif de laboratoire et des joueurs évoluant
en Europe, en Asie, et dans les ligues mineures du
pays.

