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Premier supporter de Tony Parker, TP Senior son père, a suivi l'équipe de France médaillée de bronze au Championnat d'Europe en Serbie-Monténégro. Il revient sur les raisons de la réussite tricolore, l'ambiance au sein du groupe, et les performances du meneur des Spurs.
Comment as-tu jugé l'évolution du groupe ?
"Je pense que tout a commencé pendant le stage de préparation à l'Alpe-d'Huez, avec tous les joueurs NBA. A ce moment Tony ne pouvait pas participer. Les matches perdus ont mis le doute dans la presse et dans le public. Ensuite, les bonnes prestations au Tournoi de Limoges ont rassuré tout le monde, en disant qu'on n'était pas aussi mauvais que ça et qu'on était capable de faire quelque chose."
Les débuts ont pourtant été laborieux...
"On a démarré le tournoi avec de mauvais résultats et des discussions sur l'état de santé de Tony, physiquement et mentalement. Mais même avec tout ça, on a vite senti un bon collectif. Et avec les tournois européens, on peut commencer mal et finir en beauté. Il y avait du bon et du mauvais, mais l'important pour l'équipe était de ne pas rééditer la déception de l'Euro 2003 en Suède. On commence par une défaite contre la Grèce, puis on termine contre eux en ayant le match en mains. Mais au final, on se qualifie pour le Mondial 2007 et pour le prochain Championnat d'Europe, avec une médaille de bronze. Qu'est-ce que tu veux de plus?"
L'arrivée tardive de Frédéric Weis avait engendré des tensions. Quelle était l'ambiance au sein du groupe?
"Il y a eu une bonne ambiance, surtout à la fin. Pour la sélection de Weis c'est le coach qui décide. C'est lui qui donne le ton et décide qui vient, et qui doit participer ou non à la préparation. Mais il faut toujours être capable de s'adapter aux conditions du moment. Et ça s'est d'ailleurs terminé en beauté pour Fred Weis, puisqu'il a très bien joué."
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Comment tu analyses le remplacement de Tony par Antoine Rigaudeau dans le 5 de départ au bout de 3 matches?
"J'ai pensé que c'était une très bonne idée, parce que ça a relâché la défense contre lui et contre l'équipe. Antoine est tout aussi respecté par les adversaires, mais ça a donné à TP le temps de réfléchir et de se reposer. Ensuite il entrait dans les matches avec 100% de ses moyens et plus d'énergie. Et il est revenu en grande forme pour les matches les plus importants du tournoi."
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On a trouvé plusieurs leaders dans l'équipe. Pour toi, c'est plutôt Rigaudeau, Parker ou Diaw?
"Ils sont très soudés entre eux. Antoine peut être un leader, Tony aussi, et même Boris. Boris a d'ailleurs montré ce dont il était capable avec les Bleus et en NBA. Mais il y avait surtout un bon travail de Claude Bergeaud, un bon staff, et des supporters. C'est important. Pour moi c'est un tout. Antoine c'est l'ancien leader, avec une grosse expérience. Il est dans ce rôle depuis longtemps. Tony, c'est le nouveau leader de l'avenir. Mais là, tout le monde était ensemble et les résultats sont là. Donc tout le monde est content."
Après le troisième match, tu as demandé à Tony de garder la tête haute. En langage Parker, comment faut-il l'analyser?
"C'est un truc personnel entre lui et moi. C'est une phrase qui vient d'une chanson du rappeur 2 Pac. "Keep your head up", ça veut dire que quand les choses vont mal, que tu te prends une avalanche et que tu peux pas contrôler, il faut quand même garder la tête haute. Il y a toujours des bons et des mauvais jours."
Tony a démontré sa capacité à gérer l'événement, malgré son mauvais début. Tu crois que ça va lui servir pour la prochaine saison NBA?
"C'est quelque chose qu'il a toujours eu en lui, depuis qu'il est tout petit. Il sait réagir sur et en dehors du parquet, et c'est pas un hasard. Il a une grande maturité pour son âge. Mais je ne pense pas que ça changera quoi que ce soit pour la prochaine saison NBA. Il a déjà gagné deux titres." |
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Qu'est-ce qui t'a marqué pendant l'Euro?
"Bien sûr, j'ai été déçu par la Serbie-Monténégro. Ils étaient chez eux, et on pouvait s'attendre à un grand match de leur part, d'autant qu'ils avaient construit une salle de 20.000 places pour aller en finale. Je pense que ça a été un choc pour tout le monde. Les Grecs étaient bien aussi, mais la France était plus athlétique et collective, en attaque comme en défense. Mais moi, j'étais pas là pour voir les autres équipes. J'étais là pour voir mon fils bien jouer et l'équipe de France gagner."
Quel avenir vois-tu pour cette équipe de France?
"Là, c'est déjà pas mal. Ils gagnent la médaille de bronze et je les vois bien grimper petit à petit, pour faire une excellente prestation au Mondial au Japon en 2006. Ils pourraient affronter les Américains, les équipes du Sud et du Nord. Tout ça c'est bon à prendre, d'autant qu'ils ont les moyens de voir loin. Mais j'ai hâte aussi de voir comment ça va se passer en 2007 pour l'Euro en Espagne."
De tous les supporters français à Belgrade, tu étais de loin le mieux habillé. Quand comptes-tu donner des conseils vestimentaires à Claude Bergeaud?
(il rit) "A n'importe quel moment Claude et moi on peut discuter s'il a envie, pour voir s'il veut changer de style. Tu sais, on est à Paris, et on peut pas être français et mal habillé..."
Interview réalisée par Marc PHEULPIN
Photos : © Catherine Steenkeste
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